POLYCLINIQUE SPÉCIALISÉE EN MÉDECINE SPIRITUELLE ISLAMIQUE (POMSI)

La Polyclinique Spécialisée en Médecine Spirituelle Islamique (POMSI) a vocation à rendre plus accessible les soins de santé en général, notamment par l’offre de :

  • Service de soin à domicile.

Un tel service à domicile composé d’une équipe spécialisée dans les différents domaines de santé, en plus de faciliter la vie à un grand nombre de personnes ayant notamment des difficultés à se déplacer, permettra également aux personnes âgées de vivre le plus longtemps possibles dans leur environnement familial, de réintégrer leur domicile le plus rapidement possible après une intervention chirurgicale ou une hospitalisation, d’avoir quelqu’un à qui parler, se confier, notamment lorsque la personne âgée ou malade vit seule, etc.

  • Accompagnement des patients étrangers venant se faire soigner en Belgique.

Cet accompagnement se fera notamment dans le cadre des démarches administratives (demande de visa médical etc., recherche d’hôpital spécialisé) et pendant la période de soin et de convalescence en Belgique. L’objectif est de prendre en charge les patients du début jusqu’à la fin de leur séjour et traitement médical en Belgique.

  • Médecine dite « non conventionnelle » dont fait partie la médecine spirituelle.

Médecines non conventionnelles, traditionnelles, holistiques, douces, naturelles, parallèles ou alternatives… Ces différentes appellations sont fréquemment utilisées pour nommer les approches thérapeutiques et les soins de santé qui diffèrent de la médecine classique. La Commission européenne a retenu l’appellation de « médecine non conventionnelle » pour les désigner. La plupart des gens les connaissent sous le nom générique de « médecines douces ».

Toutes ces médecines ont comme point commun de reposer sur l’utilisation exclusive de moyens naturels, pour prévenir ou soulager différents problèmes de santé. Parallèlement à la médecine conventionnelle, et sans prétendre s’y substituer, elles se proposent de « concourir à la prévention des problèmes de santé, favoriser un meilleur état de santé général pour un bien-être physique et mental optimal, soulager certaines conséquences des maladies ou certains effets secondaires des traitements classiques ». (Santé sur le net.com).

Selon un rapport sur le statut des médecines non conventionnelles publié en 1997 par la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la protection des consommateurs, 20 à 50 % des populations de la communauté européenne ont recours aux soins de santé non conventionnels en complément ou en alternative à la médecine classique.

Parmi elles, certaines sont reconnues par les autorités de santé publique bien qu’elles ne soient pas qualifiées de spécialités médicales : c’est le cas de l’acupuncture, de l’homéopathie, de la kinésithérapie et de l’ostéopathie. La grande majorité, cependant, ne bénéficient pas de la reconnaissance officielle des autorités.

La médecine spirituelle s’inscrit dans cette même démarche des médecines parallèles ou non conventionnelles, en ce sens qu’elle fait appel à un certain nombre de pratiques et de soins thérapeutiques en tenant compte de la dimension spirituelle du patient.

Précisons d’emblée, à l’attention des plus sceptiques, que la dimension spirituelle dans les soins de santé, que certains appellent spiritual care, n’est pas un concept nouveau en Occident. En effet, Florence Nightingale, pionnière des soins infirmiers modernes et de l’utilisation des statistiques dans le domaine de la santé, affirmait déjà en 1860 que les valeurs religieuses et spirituelles des malades devaient être prises en considération lors des soins ; Virginia Henderson (infirmière, enseignante et chercheuse américaine), Jean Watson (professeur émérite en sciences infirmières), à leur tour, ont inclus également la dimension spirituelle dans leurs travaux, respectivement dans la théorie sur les besoins fondamentaux de l’homme (1961) et dans la théorie du « caring » (1979). Cicely Mary Saunders, fondatrice des soins palliatifs, affirmait également que la souffrance globale englobe les souffrances physiologiques, psychologiques, sociales et spirituelles.

Certains spécialistes comme Luc Bodin (spécialisé en médecine générale et douces) voient la médecine spirituelle comme étant une contribution par des procédés 100 % naturels à l’amélioration de la santé et du bien-être général du patient en partant d’une approche thérapeutique globale, considérant ainsi le corps dans son ensemble, à savoir son état physique, psychologique, énergétique, émotionnel et spirituel, tout en tenant compte des valeurs et croyances spécifiques à chacun.

Cette vision de la médecine spirituelle correspond parfaitement à celle que souhaite proposer la Polyclinique spécialisée en médecine spirituelle islamique (POMSI), à ceci près que les soins qui y seront donnés se baseront principalement sur les prescriptions islamiques. Si cela s’avère nécessaire pour le patient, ces soins s’articuleront avec d’autres types de thérapies naturelles telles qu’énumérées plus haut. L’objectif est de faire retrouver au patient un équilibre parfait et une harmonie complète de son être en le purifiant de tous ses maux.

Vous l’avez compris, la spiritualité islamique sera la pierre angulaire sur laquelle se basera la Polyclinique (POMSI).

Voyons donc ce que nous disent les sources islamiques par rapport à la santé et au bien-être en général.

En islam, la maladie, son traitement et sa prévention sont étroitement liés à l’adoration, en ce sens que dans les deux cas c’est une occasion pour le croyant de se purifier spirituellement et de se rapprocher du Créateur. En effet, le croyant musulman considère que son corps, qui est un dépôt que Dieu lui a confié (âmana), a un droit sur sa personne (Al-Boukhâri et Muslim) et doit être soigné et préservé des maux qui peuvent lui causer nuisance. L’histoire islamique, à travers son apport scientifique dans le domaine médical, nous montre par ailleurs que ce principe est pris très au sérieux par les musulmans. Les textes coraniques et la tradition prophétique (Sunna) sont les deux références qui ont inspiré les médecins musulmans et sur lesquelles ils se sont basés pour développer la médecine spirituelle islamique (médecine prophétique), se faisant ainsi les précurseurs de la médecine moderne.

Un texte relevant de la tradition prophétique nous dit, par ailleurs, au sujet de la maladie et des remèdes : « Allah n’a pas fait descendre une maladie, sans avoir descendu en même temps son remède » (Al-Bouhkâri), ce qui signifie que pour chaque maladie il y a un remède, qu’il faut chercher notamment dans le Coran, comme le stipule le verset 82 de la sourate 17 : « Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. […] ».

En d’autres termes, la personne malade est tenue de se prémunir des maladies et de se soigner par tous les moyens licites disponibles et adaptés à son cas. La seule condition, puisque la médecine prophétique est basée sur la croyance islamique, est d’avoir la conviction que c’est en définitive Dieu qui protège des maladies et qui permet la guérison. Les remèdes, les traitements, les médecins et les praticiens ne sont ainsi considérés que comme des causes secondaires qui contribuent, certes, à la guérison, mais ne sont jamais considérés comme les véritables guérisseurs.

La médecine spirituelle islamique a ainsi un rôle curatif et de prévention, par le traitement tant des maladies que de leurs causes, ceci à partir de la croyance, mais aussi à partir de l’utilisation de produits naturels (plantes, graines, huiles, miel, etc.) et de pratiques recommandées directement par le Coran et la Sunna, telles que la hijama, la roqya, le jeûne, etc. La lecture et l’écoute active du Coran étant en soi un moyen de traitement spirituel.

La POMSI proposera donc des soins issus des nombreux domaines de la médecine conventionnelle et non conventionnelle, dont la médecine spirituelle islamique.  

  • Un espace d’accueil et de loisirs pour personnes âgées.

La POMSI sera également dotée d’un espace d’accueil et de loisirs pour personnes âgées. Précisons d’emblée qu’il s’agira non pas d’une maison de retraite à proprement parler, mais d’un centre d’accueil de jour.

L’islam, religion de compassion et de justice, enseigne la bonne moralité, interdit la mauvaise conduite et accorde à l’homme sa dignité. Ainsi, l’islam a accordé aux personnes âgées un statut élevé en exhortant les musulmans à les respecter et à les honorer. Plusieurs textes issus du Coran et de la tradition prophétique y font référence : « Et ton Seigneur a décrété : N’adorez que Lui ; et marquez de la bonté envers les pères et mères : si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point : « Fi ! » et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses, et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis : « Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit. » (S.17, V. 23-24).

Le prophète Muhammad dira par ailleurs à ce sujet : « Ne fait pas partie de notre communauté celui qui ne se montre pas clément avec nos enfants et qui ne reconnaît pas la dignité des plus âgés » (Abu Dawûd).

L’islam met ainsi l’accent sur la compassion et le respect envers les personnes âgées, d’où découle naturellement la responsabilité qui incombe aux enfants, une fois adultes et indépendants, vis-à-vis de leurs parents. À tel point que Dieu met la bonté envers les parents au même rang que la croyance en un Dieu unique.

Et l’honneur que l’on accorde à ses parents ne s’arrête pas à leur vie ici-bas, mais continue après leur décès, notamment à travers les invocations, les Sadaqahs que l’on fait en leur nom, mais aussi par le fait de maintenir de bonnes relations avec les amis de ses parents (Muslim).

L’islam rappelle également aux jeunes cette condition humaine qu’est la vieillesse, notamment à travers une déclaration du Prophète Muhammad qui dit : « Si un jeune homme honore une personne âgée en raison de son âge, Allah nomme quelqu’un pour l’honorer pour la même raison.» (At-Tirmidhi).

Cela dit, bien que les sources islamiques soient très explicites sur le statut des personnes âgées et la responsabilité qui incombe aux plus jeunes, force est de constater que de nombreuses personnes âgées sont livrées à elles-mêmes, privées de relations humaines et d’activités de loisirs. Bien souvent, elles ne sont même plus en contact avec leurs enfants, ceci pour de multiples raisons que nous n’évoquerons pas ici.  

Cette situation est d’autant plus regrettable pour notre société que nos aînés, qui sont des bibliothèques et des mémoires vivantes, sont une richesse inestimable pour la transmission du savoir et de l’Histoire aux jeunes générations.

À partir de cette triste réalité, il nous incombe, en tant que Fondation islamique d’utilité publique, de répondre à ce besoin de la communauté par la création d’un centre d’accueil et de loisirs destiné aux personnes âgées. Ce centre aura comme vocation de :

  • les soutenir sur le plan moral et psychologique ;
  • les accompagner et les orienter dans certaines démarches administratives ou liées à leur état de santé, notamment en leur offrant un service de soins à domicile ;
  • leur offrir un espace de rencontre qui permettra de créer du lien avec d’autres personnes, notamment des plus jeunes et des enfants. D’une part, cela permettra aux seniors de sortir d’une certaine oisiveté qu’ils subissent malgré eux, notamment en aidant les enfants à faire leurs devoirs ; d’autre part, les enfants s’enrichiront de leur présence et de leurs savoirs ;
  • leur offrir un espace où ils peuvent avoir des activités physiques, ludiques et/ou culturelles, en leur proposant notamment des sorties à thème, des ateliers de lecture, d’écriture et d’apprentissage du Coran et de la spiritualité islamique en général.

Le but de toutes les activités et services que proposera ce Centre d’accueil et de loisirs est de procurer aux personnes âgées apaisement, bien-être physique, moral et spirituel ; mais aussi de les sortir de leur isolement et de redonner du sens à leur vie et de la joie de vivre.

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