MUSÉE D’ARTS ET D’HISTOIRE ISLAMIQUES (MAHI)
La Fondation Waqf de Belgique a également un rôle à jouer dans l’éducation citoyenne à travers la promotion de l’art et de l’histoire de l’Islam. C’est dans cette optique qu’il nous semble pertinent de fonder un Musée d’Arts et d’Histoire Islamiques (MAHI). Bruxelles, en tant que capitale européenne, est à notre sens un lieu propice et privilégié pour un musée emblématique de cette envergure, dans la mesure où il peut contribuer au rayonnement de la Belgique sur l’Europe et le monde en général, sachant que l’art est un outil diplomatique, dans le sens où il est vecteur d’échanges culturels, commerciaux et touristiques entre les pays.
Le Musée d’Arts et d’Histoire Islamique (MAHI) abordera ainsi l’Islam en tant que religion, mais également en tant que civilisation ayant eu une influence majeure sur le monde, tout comme il abordera la place et le rôle des autres religions et communautés, et leurs contributions significatives à la vie sociale, économique et culturelle du monde islamique. Il abordera aussi l’histoire de l’immigration musulmane en Belgique et en Europe.
En plus de son rôle naturel de préservation et de diffusion de la culture, de l’histoire et du patrimoine, le MAHI, à travers ses expositions, ses productions culturelles et les activités qui y seront proposées, jouera également un rôle dans la transmission des savoirs et des connaissances dans le domaine de l’Islam en général.
Pour concrétiser cette ambition, le MAHI devra nécessairement collaborer autant avec les musées belges, dont le Musée Art et Histoire, qu’internationaux comme Le Musée d’Art islamique du Caire et The British Museum. Il sera également amené à devenir un partenaire privilégié́ des écoles, des universités et des enseignants.
Nous sommes bien conscients qu’un tel projet sera dans l’immédiat très difficile à mettre en œuvre physiquement tant il demande énormément de moyens humains, financiers et logistiques: c’est la raison pour laquelle le MAHI devra dans un premier temps trouver une solution, en collaboration avec d’autres musées-partenaires, pour proposer un certain nombre d’expositions, voire également un « musée virtuel » qui sera directement relié à l’un ou l’autre des grands musées cités ci-dessus. En d’autres termes, il s’agira, à partir des locaux du MAHI, de permettre aux visiteurs d’effectuer une visite guidée virtuelle et en direct, par exemple du Musée d’Art islamique du Caire.
Le Musée d’Arts et d’Histoire Islamique visera ainsi :
- à réduire les inégalités sociales et éducatives, notamment en contribuant à lutter contre l’exclusion. En ce sens, la programmation du MAHI sera également axée sur l’accueil des élèves défavorisés, qui en général ne fréquentent pas les musées, et tentera de les intéresser à la culture muséographique ;
- à reconnecter les jeunes musulmans à leur histoire d’origine et à la culture de leur pays d’accueil, ce qui contribuera à la reconstruction de l’identité, tant individuelle que collective, de ces jeunes. En effet, la découverte de la culture et des contributions réciproques entre, d’une part, la civilisation islamique et, d’autre part, la civilisation judéo-chrétienne, développera et renforcera de fait l’identité nationale ;
- à faire prendre conscience aux jeunes de l’importance du respect et de la préservation du patrimoine qui constitue leur histoire et celle des autres ;
enfin, parce que la fonction d’un musée est aussi de traiter des histoires douloureuses vécues par les civilisations passées, le MAHI aura également un rôle important à jouer dans la promotion des droits humains, de la paix et de la cohésion sociale en générale.
