ACADÉMIE DES SCIENCES ISLAMIQUES ET DE COMMUNICATION (ASIC)
L’Académie des Sciences Islamiques et de Communication (ASIC) aura comme vocation de former aux sciences islamiques en général ainsi qu’à la recherche et à la communication dans ce domaine.
Nous entendons par « sciences islamiques » autant les sciences en théologie musulmane traditionnelle (sciences du Coran, du hadith, etc.) que tous les domaines des sciences humaines et sociales, avec comme spécificité le point du vue islamique. Notre objectif est de proposer une formation solide, avec une approche interdisciplinaire, pour notamment comprendre les enjeux de société ainsi que les enjeux du pluralisme religieux et philosophique.
Ces différents programmes de formation s’adresseront non seulement aux cadres et responsables musulmans – (futurs) imams, enseignants de religion islamique, aumôniers, etc.-, mais aussi à toute personne intéressée par les questions islamiques, dont les étudiants des écoles supérieures et universitaires en général.
Pour atteindre le niveau d’excellence que nous visons, l’Académie devra disposer des moyens matériels et humains adéquats :
-
- un bâtiment adapté disposant d’un auditorium ;
- plusieurs locaux de cours équipés d’un portail vidéo permettant aux étudiants de suivre les cours et d’interagir à distance, simultanément avec le « présentiel » ;
- une grande salle d’étude informatisée ;
- une grande bibliothèque à la fois spécialisée et générale ;
- des professeurs compétents dans les différentes disciplines proposées. Sur ce dernier point, l’Académie devra inévitablement collaborer avec des professeurs experts dans leur discipline et des Universités au niveau national, européen et international.
- Études et formations
– Sciences islamiques
En ce qui concerne la formation en Sciences islamiques, l’Académie proposera trois types de cursus et délivrera aux étudiants, ayant suivi régulièrement les cours et réussi leurs examens, un diplôme ou un certificat selon le type de formation, courte ou longue.
Chacun de ces cursus comportera un programme spécifique dont voici un bref aperçu :
- L’Académie proposera un cursus de niveau supérieur et universitaire en théologie islamique : les sciences du Coran (‘Ulûm al-Qur’ân), les sciences du Hadith (‘Ulûm al-Hadîth), la science du Dogme (‘Ilm al-Aqîdah), la science de la philosophie musulmane (‘Ilm al-Kalam), la science du droit et de la jurisprudence islamiques (Usûl al-Fiqh – Fiqh), la science de l’éthique islamique (‘Ilm al-Akhlâq) et la science du Soufisme (‘ilm At-Tasawwuf), la langue arabe classique.
- Des cours optionnels et de spécialisation dans des domaines spécifiques à l’islam, mais avec une approche croisée avec les sciences sociales et humaines en général, tels que le rapport entre l’islam et la démocratie, l’islam et la laïcité, l’islam et la politique, l’islam et les droits de l’homme, l’islam et la modernité, l’islam et l’économie, l’islam et l’art, l’islam et les médias, l’islam et l’écologie, l’islam et son rapport aux autres religions, spiritualités et philosophies, etc.
- Des cours d’initiation à l’islam pour enfants et adultes, se focalisant principalement sur les fondamentaux (piliers de l’islam, de la foi et mémorisation du Coran). Ce cursus conviendrait parfaitement aux nouveaux convertis et ceux qui sont en voie de l’être.
Communication
Aujourd’hui, bien que les débats sur l’Islam soient omniprésents dans les médias, nous constatons qu’il est très rare que les personnes de confession musulmane y prennent part. Et lorsque c’est le cas, on remarque souvent une incapacité des intervenants musulmans à communiquer leurs points de vue de manière pertinente et efficace. Cette incapacité s’explique non seulement par le manque de connaissance des défis et des enjeux de notre société contemporaine, mais également par la non-maîtrise en communication et en médias. Cela est très dommageable, car si les citoyens musulmans ne sont pas formés à communiquer sur leur religion et sur les enjeux de société qui s’y rattachent, ce seront encore et toujours les autres « pseudo-experts » de l’Islam qui parleront en leur nom. Ce n’est bon pour personne, ni pour les citoyens de confession musulmane ni pour la société en général.
Les musulmans ont donc une responsabilité importante dans la construction de l’image publique de leur religion. Et c’est porté par ce sens de la responsabilité que l’Académie des sciences islamiques et de communication ambitionne de remédier à cette carence dans la communication des leaders musulmans en proposant un programme complet qui permettra de former à la communication dans le domaine de l’Islam, ceci en tenant compte des principes éthiques et moraux s’y rattachant.
Bien que cette formation soit accessible à tous, elle répondra plus spécifiquement aux besoins de quatre types d’audiences : les cadres et responsables d’organisations musulmanes, les jeunes leaders émergents, notamment des Universités et des établissements de formation supérieure, les dirigeants et collaborateurs des entreprises privées et les acteurs des organisations publiques et gouvernementales.
Elle aura pour objectifs d’apprendre :
- à décoder le fait / le discours religieux à partir d’une approche interdisciplinaire (psychologique, philosophique, sociologique, historique, politique…) afin d’être en mesure d’en appréhender toute la complexité et les enjeux, et ainsi pouvoir agir et communiquer adéquatement ;
- à développer chez les étudiants la confiance en soi, l’expression orale et la créativité dans le discours, ainsi que la capacité d’écoute, la structure du discours, la maîtrise du langage corporel, etc. ;
- le fonctionnement des médias belges et de leurs attentes par rapport aux organisations musulmanes ;
- le rôle des organisations musulmanes en Belgique dans le débat public et à élaborer des conditions-cadres pour des interactions réussies entre médias et organisations musulmanes.
Recherche
Parce que le monde musulman est en constante mutation, il est impératif que de plus en plus de chercheurs musulmans se penchent sur les questions relatives à l’Islam, son évolution et ses enjeux dans le monde contemporain et plus spécifiquement en Europe et en Belgique.
Cet impératif est d’autant plus pertinent que les sources scripturaires islamiques accordent une importance capitale à la quête du savoir, à la recherche, à la réflexion et à la méditation. En effet, dans la religion islamique, la foi et la science vont de pair, au point que cette dernière est une nécessité pour enraciner et renforcer sa foi. La quête du savoir doit cependant, selon la conception islamique, toujours être utile à l’humanité, se conformer aux principes fondamentaux de l’islam et présenter les qualités de rigueur, d’éthique et d’objectivité qui caractérisent la recherche scientifique.
Les chercheurs de l’ASIC doivent ainsi se soumettre à ces mêmes exigences. Il leur sera demandé, d’une part, de contribuer à la production scientifique dans des domaines concernant l’Islam en général et les musulmans d’une manière décomplexée et entièrement détachée de toute contrainte et influence institutionnelle ou étatique ; et d’autre part, de chercher à mieux cerner et appréhender les problèmes et les besoins auxquels fait face la communauté musulmane, notamment de Belgique, pour tenter d’y apporter des réponses et des solutions concrètes.
Pour ce faire, et pour concrétiser son ambition de devenir au minimum une référence belge indépendante dans le domaine de la recherche sur les questions de l’Islam en général, la Fondation Waqf de Belgique sera amenée à travers l’Académie et son centre de recherche :
- à promouvoir la recherche dans ce domaine et ainsi susciter l’intérêt des étudiants universitaires ;
- à soutenir et encourager les chercheurs dans ce domaine ;
- à collaborer avec les universités belges, européennes et internationales ;
- à collaborer avec les pouvoirs publics, ainsi qu’avec des organismes divers qui soient d’une manière ou d’une autre en lien avec les communautés musulmanes de Belgique, notamment pour informer et consulter sur des questions complexes relatives à l’islam et ses enjeux dans notre société ;
- à collaborer avec toutes les organisations belges, européennes ou internationales ayant un lien avec l’islam et les enjeux de société les concernant ;
- à collaborer avec les citoyens belges de confession musulmane, notamment à travers la plateforme de consultation des musulmans de Belgique;
- à collaborer avec des chercheurs spécialisés dans le champ de l’Islam et d’autres champs disciplinaires.
Les projets de recherche que soutiendra la Fondation Waqf de Belgique seront définis et programmés annuellement en fonction des problématiques et enjeux prioritaires s’imposant à la société belge et européenne.
Bibliothèque
La Bibliothèque islamique, bien qu’elle soit rattachée à l’Académie des Sciences Islamiques et de Communication (ASIC) sera accessible à tous les étudiants, chercheurs et citoyens en général, même s’ils ne sont pas inscrits à l’Académie.
Cette bibliothèque contribuera ainsi non seulement à l’épanouissement intellectuel et spirituel des citoyens belges de confession musulmane, mais pourra également jouer un rôle non négligeable dans la diffusion des connaissances générales sur l’Islam chez les lecteurs non musulmans qui s’intéresseraient à la culture et à la civilisation islamique.
En effet, l’épanouissement de la communauté musulmane de Belgique ne peut se faire sans une accessibilité aux ouvrages de référence islamiques qui constituent son identité spirituelle, historique et culturelle. D’autant plus que le Livre et la quête du savoir sont au centre de la vie des croyants musulmans depuis le début de la révélation coranique sur le Prophète Muhammadﷺ. D’où l’émergence de grandes bibliothèques dans les empires arabo-musulmans, parmi lesquelles la « Maison de la Sagesse » (Dar Al-Hikma) de Bagdad, qui étaient reconnues pour être un exemple de pluralisme tant les collaborations avec les différentes convictions religieuses étaient fortes.
La bibliothèque de l’ASIC devra ainsi mettre à la disposition du public une documentation fiable et de qualité, tant sur le plan de la scientificité que sur le plan de la traduction. Les ouvrages devront également présenter la diversité des interprétations de l’islam tout en favorisant ceux promouvant un islam authentique et contextualisé.
La bibliothèque devra également disposer d’une médiathèque spécialisée.
